"J’ai essayé un peu pour lui faire plaisir, pour ne pas me dégonfler et aussi pour voir. Après, il y a tout qui s’embrouille ! Les squats, les galères, les teufs et ce besoin constant de dop. Lorsque l’on vit dans la rue, le temps n’est plus le même. On peut même dire qu’il n’existe plus. Tout est différent, on ne vit plus, on survit. Les gens que l’on croise n’ont plus la même importance, comme ce vieil homme qui n’a pas la force de nous échapper. On le ceinture, on le projette à terre. Qu’importent les conséquences, pourvu qu’on puisse empocher les 50 € qu’il vient de retirer. Et puis au bout du tunnel, il y a ce bar, je n’ai pas un rond, je ne suis pas bien, il neige, j’ai froid et j’ai faim."  (Extrait du spectacle « L’avenir en fuite »  

 

 

AVENIR EN FUITE !

"En cours d'écriture"

 
 

« Avenir en fuite » Un polar dont l’action se déroule entièrement dans la ville de Feurs, en plein cœur de la plaine du Forez.


Le résumé

     Éric est jeune homme pas tout à fait comme les autres. C’est un petit délinquant de la rue. Il vit n’importe où, il vit où il peut… un peu partout. Il n’est pas vraiment méchant, mais son penchant pour les paradis artificiels exacerbe ses délires, ses problèmes, ses craintes, ses révoltes. Cette fâcheuse tendance à se défoncer explique sans doute ses nombreuses hallucinations, les étranges rencontres qu’il fait, les comportements imprévisibles que parfois il adopte. Éric peut facilement péter une durite. Et toutes ces ombres qui sans cesse le poursuivent n’arrangent rien. Un soir de confusion, au cours d’une tempête de neige, dans un bled paumé, il a perdu le contrôle. La descente aux enfers s’est emballée.

     Sans comprendre vraiment pourquoi, en une nuit, il est devenu l’ennemi public numéro 1. La cible que tout accuse. Il court pour se sauver, frappe pour se défendre, se cache pour survivre. Il souffre Eric, mais il peut être dangereux. Il peut aimer, mais il peut aussi haïr !


Un extrait

  (La scène se déroule  devant l'hôtel de l'Astrée,  2, Chemin du bout du monde)

 
 

     Après avoir saupoudré de quelques feuilles d’herbes récoltées au fond de sa poche, les miettes de tabac qu’il lui restait, il a tété sur son stick à s’en faire éclater les poumons. La quinte de toux qui a failli le renverser, aura sans doute réveillé tout le quartier. Un quartier plutôt désert d’ailleurs. Pas très loin, il y a la gare fermée à cette heure, il a testé les rideaux de fer. Ils sont bloqués, cadenassés, scellés. Devant lui, dans la pénombre laiteuse, il peut deviner la masse trapue d’une sorte de dépôt entouré d’un grillage. Aucune issue. Et dans son dos, cette grande baraque carrée qui semble être un hôtel. L’Astrée. La rombière du bistrot en a parlé tout à l’heure. Il y a de la lumière. L’endroit semble confortable et bien chauffé. À travers les rideaux, il aperçoit quelques silhouettes installées. Ces gens-là mangent, ils boivent, ignorant sa présence. Il entend la voix de Katia.

— Inutile de pousser la porte, tu ne seras pas le bienvenu. »

     Il se retourne. Personne. En plus des berlues visuelles, il doit maintenant faire face à des fantasmagories auditives. La voix semblait si présente, si proche. Ce buvard qu’il a avalé dans les chiottes de la gargote doit à présent faire son petit effet

…/… .

     Rien dans le coin pour se planquer. Excepté cette vaste propriété qu’il aperçoit en écarquillant les yeux, à vingt mètres à peine de son poste d’observation. Dans ce style de domaine, il y a souvent des chiens, mais le portail est grand ouvert, il se dit qu’il ne risque rien. Si le manoir est protégé par des clébards, ils sont enfermés ou ils se sont barrés.

     Nauséeux, il jette son mégot. Assis sur une murette entre deux jardinières, les épaules calées sur un cyprès, il ne parvient plus à contrôler cette crise de grelottements parcourant son corps entier. À présent, il est vraiment mal. Le manque, la fume, le trip, le froid, son geste fou au café, sa course, l’alcool, la peur, l’absence totale de nourriture depuis la brioche piquée ce matin sur l’état d’un marché. Son corps commence à lâcher, c’est clair. Il doit être en… comment elle disait déjà Katia ? En hypoglycémie. Quelque chose comme ça . Katia, bon sang si tu étais là ! Sa mère était toubib, elle en connaissait un rayon. Elle aurait su quoi faire.