Innocent de Gérard Depardieu

     Première pointure, et quelle pointure ! Non autoéditée bien sûr, sur lequel j’ai envie d’écrire. Depardieu et son bouquin « Innocent »

     Pardon pour les chastes oreilles, pour parler de Depardieu, je vais emprunter le temps de quelques lignes, son langage. Putain que j’aime ce sacré bonhomme ! Il est bourru, grande gueule, excessif, tout ce que vous voudrez,  mais à ce point sincère que ses mots à l’emporte cœur t’arrachent de foutues Bon Dieu de larmes que tu ne sais même pas pourquoi tu chiales. Parce que c’est fort ! Parce que c'est tripard !  Et d’une intelligence tellement simple et talentueuse que tu as l’impression qu’il est devant toi, l'Obelix,  dans ton salon, un verre de pinard à la main, en train de te causer comme à un pote.

     Ouais ! Ce bouquin ressemble au type qu'il est  : Un ogre passionnant et cultivé, débordant de graisse et aussi de cette générosité parfois disproportionnée, débridée, choquante parce que vraie et sans concession. L’analyse  des univers qu’il côtoie depuis de si longues années, le showbiz, les comédiens, le cinéma bien sûr, mais aussi la politique, la peinture, la littérature, les amis, les cons, les journalistes, la télé, les femmes, l’amour …  J'en passe,  témoigne de tant  d’autres choses qui font  peut être de  nous ces êtres prétendus civilisés que nous croyons être.  Cette analyse, donc, est d’une lucidité aiguisée, parfois franchement marrante, parfois cruelle, mais d’une finesse innocente que seul un gros bonhomme de  140 kg d’authenticité   pouvait pondre.

     Le texte est simple, sans leçon, sans grands discours, sans vérité emmerdante et poliquement correcte... ce n’est pas non plus  des mots alignés crachés sur une page et simplement destinés à être vendus... Tu achètes, tu n'achètes pas, il en a rien foutre !  Non, cette prose, c’est de l’empathie brute, une des celles que tu prends dans la gueule, comme le sourire d’un pote qu'en fait tu ne connaissais pas vraiment. 

     OK ! J’arrête là ma diatribe, j’ai aimé ! Vous l’aurez compris. Ce bouquin m’a donné envie de revoir tous ces chefs-d’œuvre du cinéma français que ces comédies franchouillardes à 5 balles ont remplacé depuis quelques années, tout ça au profit d'une  rentabilité facile, jetable et consommable.  Au passage, vous avez remarqué que toutes les pointures démesurées du cinéma français sont passées par la case "Jean Valjean" ?   Jean Gabin, Lino Ventura, Belmondo… Et bien sûr Depardieu…  Aujourd’hui, je ne vois pas qui pourrait assumer ce rôle… Cantona pour sa gueule… Ou peut-être Jean Reno !