La momie drômoise de Paul Eric Allègraud

     Poljack, c’est un brillant compromis entre Bob Morane l’aventurier BCBG, infatigable défenseur moraliste de la veuve et de l’orphelin et James Bond, l’implacable tueur professionnel (celui des livres) cloppeur et alcoolique, beaucoup plus cynique, moins parfait et moins classe que le « 007 » des films. Cette déclaration exige une explication ? D’accord, je m’y attelle ! 

     Pourquoi Bob Morane ? Parce que l’on retrouve chez Poljack l’aventurier, l’humanisme sincère de Poljack le narrateur (et donc celui de l’auteur qui se cache derrière ce pseudo). Il a des principes le bonhomme et la fin ne justifie pas toujours les moyens. Donc, s’il doit faire un choix entre obéir à sa hiérarchie ou agir en adéquation avec ce en quoi il croit, il n’hésitera pas longtemps… Exit les donneurs d’ordres non respectueux des valeurs made in Poljack ! Et ça, ça me plait ! On peut être un aventurier et ne pas être aussi pourri que les méchants que l’on combat. Le bouquin, avec intelligence et discrétion, fait passer quelques petits messages de cet acabit… Ce qui à mon sens, apporte au récit, une seconde dimension subtilement enfouie. Pas une suite de leçons moralistes, loin de ça, simplement quelques principes de vie auxquels l’on croit et qu’il est agréable parfois de croiser dans un bouquin d’aventures. 

     Encore Bob Morane, dans cette soif de voyage et de découverte des autres. On se balade en terre inconnue et on visite. On croise les gens et les paysages. On ne s’attache pas aux simples personnages, ou à de pittoresques coutumes mises en scène dans le seul but de servir l’intrigue… En fait, on suit le héros pas à pas dans ses déplacements. Et quand il s'adresse à nous, lecteur, dans une sorte d’interactivité réjouissante, c'est drôle et cela  renforce cette impression "d'être dedans"

     Et enfin Bob Morane pour cette faculté de dérision. Dans les pires situations, nous sommes dans la logique : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » donc on fait de l’humour, on ne désespère, on ne se la joue pas « Grande scène de l’acte 3 » on continue à s’amuser parce qu’on aime ça, on aime l’aventure, le danger, les situations désespérées, les coups durs et les baffes dans la tronche ! Bref, on se prend pas au sérieux ! 

     Mais voici venir notre ami James Bond… Comme lui, Poljack est un professionnel. Il sait ce qu’il doit faire… Et il le fait. Sous des dehors débonnaires, il peut se révéler dur et implacable. Il se relève toujours, la mission doit être accomplie. Et ce devoir d’accomplissement passe avant sa vie privée, son confort, sa famille et bien des choses. Conscient de faire un métier dans lequel on prend, mais on donne aussi des coups, il joue le jeu. Il frappe et il sait tuer, quand c’est pour une cause qu'il a accepté de servir. Comme James Bond, il travaille pour de l’argent. Il n’est pas mercenaire. Il est pro ! 

     La momie drômoise est un excellent bouquin d’aventures avec lequel j’ai passé un très bon moment. J’irai même jusqu’à affirmer, mais c’est un avis tout à fait personnel, que ce livre vaut bien mieux que certains gros tirages d’aventures calibrées grand public, qui doivent leur succès planétaire, non pas à leur qualité d’écriture ou d’imagination débridée, mais au nom emblématique de leurs auteurs estampillés par une certaine  presse « usine à best-seller » … Comme il est bien connu qu’un média ne peut se tromper, le lecteur se précipite, aimant et ne tarissant pas d’éloges à propos de cet ouvrage qu’il a acheté yeux fermés mais qu'il n’a pas encore lu.


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