Théâtre participatif - Des Maux en Actes

Cet ouvrage est un condensé de mon  expérience du théâtre d'intervention sociale, outil de dialogue qui amène les participants à vivre  des expériences imaginées mais réalistes (Jeux de rôle, saynètes reconstituées, situations vécues). L’un des objectifs de cette technique  est de proposer aux participants un chemin expérientiel de transformation et de croissance en favorisant tout à la fois les ressources personnelles de chacun et celles du groupe.


     Se lisant à la façon d'un témoignage, le récit  s'inspire d'événements  vécus, non pas lors d'une seule séance, fort heureusement, mais au cours d'un grand nombre de représentations.   Tout en racontant en détail (et parfois avec humour) le déroulement complet d'une journée de représentation assortie de quelques anecdotes, je propose une approche de la méthode  qu'en 25 années de tournées  de scènes participatives, j'ai mise au point. Cet écrit s’adresse aux  comédiens, metteurs en scène, animateurs, éducateurs...  mais aussi  à toute personne intéressée par la pratique du théâtre outil et par les techniques d’animation

 

Préface

Le bord de scène est sans doute ce mince espace où les acteurs rejoignent le public. Assis, l’on regarde mieux, on observe, on n’est plus acteur. On devient un autre, une sorte de lien, de passerelle, de trait d’union entre des personnages et des personnes, le public.

L’auteur de ce livre vient partager son expérience d’agitateur d’idées. En fait, les idées sont celles des autres : une telle qui soudain mordant à une situation insupportable jette son cri et son histoire, un tel ressassant sa colère devant ce personnage imaginaire mais tellement réel. Les idées sont celles des autres, car vous ne trouverez ni manipulation ni volonté de séduire ou de convaincre. Pas de message normatif de prévention.

Le théâtre d'intervention sociale mis en œuvre par JB Jouteur est celui du brouhaha puis du silence puis de la violence de la prise de conscience. Une prise de conscience attendue mais non provoquée par la force. Le théâtre vient par sa distance amener le public à prendre conscience qu'au-delà des faits et émotions personnelles, nous sommes dans une société de semblables. JB Jouteur s’adresse à ses semblables avec une infinie délicatesse, avec un infini respect.

L'intervenant en théâtre social est à l'opposé de la prévention officielle : chez lui pas de message sur les cinq fruits et légumes, chez lui pas de message sur les dégâts des verres d'alcool … Une autre prévention plus subtile qui fait du doute, de l’interrogatif les moteurs de la démarche. Pas de certitude comme d’ailleurs dans la vraie vie. La vraie vie n’est-elle pas là lorsque l’intervenant regarde ému se lever et s’approcher celle qui toute timide et craintive vient dire une opinion empreinte d’authenticité.

Authentique, maître mot, avec celui de bienveillance et de respect.

Mais, direz-vous, le théâtre agite-t-il celles et ceux qu'il réunit ? Il y a les réfractaires, mais cette séance ne va-t-elle pas les marquer ? Il y a ceux dont l’opinion est tranchée, qui apostrophent, qui affirment de façon péremptoire la vérité ? Le théâtre sera-t-il ce grain de sable, ce poil à gratter, ce défaut d'évidence. Rencontre avec la complexité. Si les enseignants savaient combien cette rencontre avec la complexité de la vie est essentielle…

N'ayant de message a priori, le théâtre d'intervention ne suscite ni culpabilité, ni défense. L’intervenant est d’une patience à toute épreuve, et des épreuves ce livre en expose. L'intervenant conduit, mais en toute disponibilité aux regards et aux remarques des uns et des autres. Ce qui compte n'est pas le succès d'un texte théâtral, souvent charpenté et ciselé, ce qui compte c'est une réflexion jaillissante, une colère retrouvant en chemin une autre colère, un affrontement avec un acteur. JB Jouteur est à la fois profondément engagé et complètement détaché de cet engagement. Il n’est pas militant d’idées, mais militant des personnes. Ces personnes rencontrées au hasard des séances, qu’il va agiter, remuer, parfois bouleverser.

Se méfier à jamais des évidences.

Le théâtre n'est pas la vie, dit-on et pourtant, la vie n'est-elle pas une mise en scène au scénario incertain. Le théâtre d'intervention vient proposer de la vie, c'est une proposition dans laquelle chacun est libre d'entrer et de sortir, comme ce livre …

Jacques LAPORTE

Docteur en psychologie sociale

Vice-président de Loire-Prévention-Suicide

 

Un court extrait

La meute est lâchée !

     L'amphithéâtre, qui depuis ce matin jouissait d'une quiétude monacale, se colore brutalement d'un panel sonore nuancé d'une pléthore d'onomatopées aussi diverses que variées… Un amphithéâtre est loin d’être le meilleur endroit pour recevoir ce type de séance !

     Les spectateurs sont serrés, les déplacements chaotiques, quitter son siège pour se rendre sur le plateau se transforme en véritable parcours du combattant.

.../...

     Une centaine d'adolescents investissant une salle de spectacles, c'est un bruyant compromis entre l'atmosphère « criée du vieux port », à condition toutefois de remplacer l'accent provençal par le « j’cause banlieue »,et l'ambiance expressive d'un après match de foot confrontant deux équipes de hooligans supportant des clubs opposés.  : Tout est dans la retenue et l'échange amical (!)

     Premier challenge : Ramener le calme. Pas toujours simple. Cette technique du« vous pourriez faire un peu moins de bruit »s’acquiert avec l’expérience…Cependant, un bon moyen de ne pas avoir à « ramener le calme », consiste à éviter de le perdre…

 

Un second extrait

De sa voix de robot nippon, l'accent en moins, madame GPS nous prévient : « Vous / êtes arrivés / à destination !»

Regard balayant de l’équipe… Voici le théâtre de nos futurs exploits… Tout y est ! 

- Les cohortes de jeunes gens regroupés en meutes et franchissant sans conviction un portail digne de fort Knox. Ça s’interpelle, ça chahute, ça clope, ça s’embrasse à pleine bouche, ça pianote sur son Smartphone. 

- Les préfabriqués en forme de blockhaus, les bâtiments défraîchis, la cour goudronnée hérissée de panneaux de basket-ball sans filets et de cages de football tordues. 

- Le tas coloré de sacs dispersés sous les préaux .

- Enfin, informant le visiteur qu’il pénètre dans un lieu républicain, l’indispensable drapeau bleu/blanc/rouge qui ne flotte pas au vent, avec à ses côtés le visage aseptisé d’une Marianne éteinte accolée au logo du conseil régional local… 

Pas de doute, nous sommes bien arrivés à destination ! C’est glauque comme un lycée de Province ! 

Sans un mot, Didier s’extirpe du véhicule… Il va fumer sa clope quelque part sur le trottoir… Depuis déjà de nombreuses années, interdiction de fumer à bord !

Gabrielle lance un : « Bon, j'y vais ! » résigné. Feuille de route à la main, elle sort à son tour du minibus et s’éloigne. Chaque comédien, en plus de son travail scénique, se voit souvent confier une tâche complémentaire. Auprès de nos clients, Gabrielle joue le rôle d’ambassadrice. Elle part se mettre en quête de notre contact au sein de l’établissement. Cette démarche peut se révéler rapide, mais elle peut aussi se transformer en « Plan galère », tout dépend de la structure d'accueil, de ses qualités d'organisation, de ses capacités à communiquer, du sérieux et de la motivation dont elle fait preuve.  

Et aujourd'hui ce n'est pas gagné

 
 
 


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